Cimetière americain de collivile sur mer

Cimetière americain de collivile sur mer
9.386 militaires américains y sont inhumés, dont 307 soldats inconnus. Les dépouilles d'environ 14.000 soldats, initialement inhumés dans cette région, ont été rapatriés aux Etats-Unis, à la demande de leurs proches.

# Posté le dimanche 11 mai 2008 08:38

Le 6 juin commémoration des 64 ans...

# Posté le dimanche 11 mai 2008 08:25

Phillipe bauduin temoigne ( civil )

Le 5 juin 1944 je passai mon certificat d'études sans qu'aucun signe extérieur ne puisse nous donner une indication sur les événements qui allaient survenir. La nuit du 5 au 6 juin ne fut pas très bonne pour moi car je n'étais pas sûr d'avoir reussi mon examen. Au matin nous avons entendu un grondement sur la côte, j'ai regardé un peu dans la rue et j'ai vu, remontant de la place des petites boucheries par la rue guillaume, un char gazogène. J'ai trouvé cette chose assez extraordinaire et futile du fait de cet étrange équipement qu'une seule balle aurait suffi à arrêter.
A 13h30 nous avons vu les premières escadrilles d'avions arrivant de l'Ouest. Ils avaient dû passer au dessus de Carpiquet et de la position où nous nous trouvions, rue Saint Martin, nous les voyions commencer à larguer leurs bombes au dessus de Saint Etienne. Tout le centre ville était visé et bombardé. Là nous avons commençé à nous cacher et à chercher des abris dans la maison. Nous avons subit un deuxième bombardement au cours de la journée, identique au précédent.

Le soir nous avons couché dans un abri construit par mon père au fond du jardin. Ce n'était pas très confortable et le temps n'était pas très chaud.

Journal de la Bataille de Caen.

Les premières pages, aujourd'hui disparues, de ce journal relataient d'abord les journées vécues dans l'abri de fortune installé au fond du jardin rue St Manvieu. Elles faisaient état du séjour de la famille à l'Abbaye aux Hommes. Après qu'un tir d'artillerie eut provoqué la chute de pierres de la voûte de Saint Etienne, entrainant la mort d'une femme et que Mgr DesHameaux eut administré une absolution collective, les parents estimèrent qu'il était nécessaire de trouver un refuge plus sûr pour nous tous. Nous traversons donc la ville en partie détruite, passant par la place de la République où la mairie éventrée laisse apparaître les beaux livres de la bibliothèque, puis nous traversons la place Courtonne en nous frayant un chemin à travers les cratères repmplis d'eau pour arriver enfin à l'Hopital dans un abri situé sous la clinique. Cet abri avait été utilisé dès le 6 juin comme antenne chirurgicale par les allemands. Les alliés s'étant trouvés si près de là ce premier jour que cet abri fut abandonné en hâte par ses occupants qui laissèrent sur place des membres meurtris dans des lambeaux d'uniformes.

.....C'est ainsi toute la journée. Je fais maintenant la corvée de la soupe. J'ai fait une belle trouvaille: 20 cigares et 8 cigarettes. Ce soir il y a un salut. Nous suivons les opérations sur une carte Michelin.

Samedi 17 juin 1944.
Il faut évacuer, mais papa est de la défense passive alors il ne part pas. En allant porter les plats à la cuisine un obus tombe à 50 mètres de là mais nous n'avons rien. Voici l'article pour l'ordre d'évacuation :
Mairie de Caen - Monsieur le Chef de Groupe,
Vous devez évacuer votre groupe le 17 juin 1944. Voici les premières consignes: Evacuation immédiate et par groupes et par vos propres moyens de toutes personnes valides.
Avant la prière du soir en commun une grosse formation de bombardiers passe au dessus de notre tête. Beaucoup de personnes sont dehors au beau soleil.

Dimanche 18 juin 1944.
A 7h30 il y a une messe basse. Les anglais ne doivent pas être loin à cause des combats de chars. Le temps est très beau, quelques chasseurs bombardiers ont abimé les D.C.A. Allemandes. A 20h30 c'est le salut.

Lundi 19 juin 1944.
Le temps est très mauvais, je m'ennuie. Cela n'empêche pas les chars de tirer. Je fais des vers à la dépense de l'hopital.

Mardi 20 juin 1944.
Le temps est plus beau. Je fais la corvée de café. Encore des chars ne sont pas loin. J'ai trouvé un éclat tout bouillant. Je suis en train d'ouvrir des caisses de thon. Nous sommes obligés de rester par ce beau temps dans l'abri a cause des obus. J'ai aidé pendant une accalmie à débiter une vache.

Mercredi 21 juin 1944.
Nous avons commencé une neuvaine pour la paix du sacré coeur. Le temps est beau, je commence a m'ennuyer. La journée fut calme sans bataille. Notre maison a reçu un obus de 75 anglais, mais il n'y a pas de grands dégats.

Jeudi 22 juin 1944.
Il fait beau. Vers 14 heures je suis allé à la maison ou j'ai vu l'obus qui est tombé sur le toit. La maison a été pillée, les portes et tiroirs ouverts à la pince ou au revolver. Vers 18 heures des bombardiers ont bombardé les hauts fourneaux. Vers 21h30 une saucisse est passée au dessus de nous.

Vendredi 23 juin 1944.
La nuit fut terrible. Les anglais ont attaqué Caen. La journée fut belle mais impossible de sortir a cause des obus et du puissant duel d'artillerie. Nous avons tué un boeuf dont j'ai eu les deux grandes cornes. Pour la première fois depuis le débarquement j'ai vu une escadrille d'avions allemands.

Samedi 24 juin 1944.
Belle journée. Les avions n'ont fait que passer sur nos têtes toute la journée pour lâcher des milliers de parachutistes. Il y eut encore un duel d'artillerie mais moins puissant. Les allemands de Caen évacuent sur Le Mans ou il y a des défenses naturelles.

Samedi 1 juillet 1944.
Ce fut une journée de mauvais temps. On a commencé une petite cabane en bois. Vers 16 heures un homme vint nous dire que les S.S. sont dans l'hopital et qu'il faudrait évacuer si on ne se cachait pas. Les allemands nous sortent à coups de mitraillette mais ils ne venaient pas pour réquisitionner des cochons.

Dimanche 2 juillet 1944.
Aujourd'hui monsieur Louvet est parti pour Paris. Un car l'enmène à Livarot pour une mission car il est douanier. Vers 2 heures l'après midi les croix noires survolent la ville. Quatre Spitfires arrivent et piquent sur les boches, ceux-ci se défendent hardiment. Quelques rafales de mitrailleuses et un avion tombe, je ne sais pas de quelle nationalité il est. 10 minutes après malgré le très mauvais temps une autre bataille s'engage, un avion tombe en feuille morte, mais je crois qu'il s'est redressé.

Lundi 3 juillet 1944.
La matinée fut désagréable, l'après-midi fut jolie. Aujourd'hui le temps est calme au point de vue militaire sauf quelques coups de canon à 9 heures du soir.

Mardi 4 juillet 1944.
Aujourd'hui ce ne fut qu'une bataille de chars. Les anglais sont arrivés aux pépinières de Kaskoreff. La journée fut désagréable. Demain je vais répondre la messe.

Mercredi 5 juillet 1944.
Ce matin je dois aller chercher du charbon et j'ai été à Saint Louis. Là vers 9h30 des avions viennent lâcher leurs bombes au dessus de notre tête. Elles tombent à 200 mètres de nous et encore plusieurs chapelets furent jetés, deux sont tombés sur l'hopital dont une qui n'a pas éclaté. Pendant que j'écris encore les bombardiers sont passés sur notre tête. Nous avons fait connaissance de la machine infernale : le lance grenade qui fait un mugissement de lion, qui foudroie les tanks.

Jeudi 6 juillet 1944.
Ce matin encore, les bombardiers ont bombardé les ponts. La passerelle a été détruite mais il en reste deux, et ils reviendront demain faire sauter les deux autres. J'écris à l'aide d'une lampe à acétylène qui fait des ratés et les femmes la regarde d'un drôle d'oeil. Des obus ont tués cinq vaches dans le parc. Nous assistons à une scène de famille qui est fort rigolote. La journée fut belle pour l'aviation. C'est la plus belle journée depuis un mois.

Vendredi 7 juillet 1944.
La journée est très bonne. Les avions nous survolent toute la journée. J'ai assisté a un bombardement par des pièces de marine. Le soir 450 bombardiers de la RAF ont déversé sur la ville 2200 tonnes de bombes. La ville fut un grand brasier. Depuis le début des hostilités les anglais ont déversé 5000 tonnes de bombes.

Samedi 8 juillet 1944.
La bataille de Caen est commencée. La cuisine a reçu une bordée d'obus. Le repas de midi fut maigre. L'après-midi le lance grenades du quai fut mis en action et les grenades passèrent sur notre tête. La soirée fut terrible. Nous fûmes arrosés par des obus de marine. Le plus près a éclaté à 150 mètres. La nuit fut très bonne.

Dimanche 9 juillet 1944.
Ce matin les anglais sont à 500 mètres de nous. On entend les mitraillettes. A 11 heures les anglais ou plutôt les écossais arrivent dans l'hopital. Ils furent bien accueillis. J'ai été pris en photo avec le lieutenant. Ils sont nombreux dans l'abri. L'odeur du tabac blond monte à la tête. Le chocolat fut distribué. On entend les départs de batteries anglaises. Le plus jeune d'entre eux a 19 ans.

Lundi 10 juillet 1944.
Rien à signaler. Je suis a la cuisine des anglais. Vers 5h30 5 obus tombent sur les ambulances, un anglais est tué, deux français sont tués et deux blessés.

Mardi 11 juillet 1944.
La journée est belle. Je parle avec les anglais quand tout à coup 6 avions allemands nous survolent. On se rentre. Ils passèrent toute la journée mais quatre furent abattus. Je me couche tôt.

Mercredi 12 juillet 1944.
Nous avons reçu des obus. Les anglais s'en vont. J'ai pris l'adresse d'un que j'ai pris en photo. Des canadiens sont arrivés. Ils parlent français.

Jeudi 13 juillet 1944.
Nous fumes obligés de rester là toute la journée a cause du tir de harcelement. La journée fut belle. Le soir nous préparons une fête pour le 14 juillet.

Vendredi 14 juillet 1944.
L'après-midi il y eut une scéance dont voici le programme :
La nouvelle grammaire - A la cantine - Avec l'ami bidasse - Une sérénade - Des histoires de marins - L'homme phénomène - La confession d'un notaire - Le gendarme est sans pitié - Le docteur étourdi - La ligne des pieds - Le crochet.
Ce soir je fête la Saint Henri, le prénom de papa.

Samedi 15 juillet 1944.
Aujourd'hui Michel et Marie-Thérèse mes cousins s'en vont à la campagne. J'ai le cafard, je voudrais bien m'en aller aussi. On en parle. Aujourd'hui j'écris mon journal dans l'abri car il y a des obus qui tombent. Un obus est tombé sur la facade.

Dimanche 16 juillet 1944.
La nuit fut terrible, un obus tombe encore sur le batiment, jamais deux sans trois, attention au troisième. Nous fûmes obligés de rester toute la journée dans l'abri. La journée fut belle. Je vais peut être m'en aller demain à la campagne.

Lundi 17 juillet 1944.
Le troisième obus est arrivé ce matin. Ce matin j'ai trouvé les fusées. La nouvelle est confirmée : je m'en vais tantôt. Les canadiens recherchent des espions qui renseignent les allemands pour la direction du tir. J'ai découvert un obus de 105 en face de nous.

A mes Parents
A mon Oncle

Philippe Bauduin

# Posté le dimanche 11 mai 2008 08:14

Louis occeli temoigne (omaha beach)

Louis occeli temoigne (omaha beach)
6 juin 1944
A 2 h 00, nous avons, par téléphone, toutes les impressions des gens qui veillent sur le pont.
Deux minutes se passent, et l'on rappelle aux postes de combat, car maintenant les côtes sont très proches, et on entend les gars du pont donner les dernières nouvelles visibles. "Ce feu rouge dans le ciel, c'est le résultat des incendiaires alliés". Les dragueurs ont mouillé des berces allumées. Il y a quelques heures à peine en draguant un chenal jusqu'à 5 miles des côtes, "Quel beau travail !". Un officier de tir dit : "Mais c'est un vrai boulevard". L'expression ne peut pas être plus juste.
Maintenant nos écouteurs nous disent qu'un bombardement intense se fait par notre aviation, la DCA riposte énergiquement "Quel feu d'artifice". Un parisien dit : " On croirait qu'on va à la fête à Neuilly". Et d'autres " Qu'est-ce qu'ils prennent les frères".
Et nous avançons toujours dans "notre boulevard" sans être inquiétés. "Neuilly" se rapproche. Notre aviation nous prépare l'entrée. Il est 5 h 10, on est à 7 milles. On mouille, on stoppe.
Nous ne devons commencer le feu qu'à 5 h 50. Quarante minutes d'attente. C'est long. Que va-t-il se produire, rien, nous pointons nos pièces de 90 et de 152. Les bateaux Américains en font de même, et le feu d'artifice continue, tandis que des milliers de barges pleines à craquer d'hommes et de matériel se détachent des bateaux qui vont rester au large.

5 h 49, tout le monde est paré
5 h 50. Ce n'est qu'une rumeur : "Feu de salves". "Attention", "Parés", "Commencez le feu". Et le feu commence. A peine 5 mn après : "Alerte avion". "Un avion pique sur nous" "Raté ! ".
Un peu plus tard : "Un périscope sur tribord". Alors, c'est le plus terrible. Nous sommes stoppés, ancrés, la torpille est pour nous... Mais la même voix reprend souriante : "Ce n'est qu'une bouée !". Le sourire et la confiance reviennent. Nous apprenons que nos coups ne sont que succès.
Un cuirassé Américain est touché par un 155. Mais nous le vengeons sur la minute en rendant la pièce de 155 au silence.
Nous suspendons le feu, et le reprenons environ chaque fois que l'armée qui est sur terre nous le demande : "un abri à descendre", "une arrivée de renforts blindés ennemis" et chaque fois nos obus font mouche. La fatigue se fait sentir de plus en plus, mais la confiance revient, pas un seul avion "Fritz", n'en auraient-ils plus, ou nous réservent-ils une vacherie ?
Mais tout de même, ils reculent, il est 12 h et nos troupes sont toujours entrain de débarquer. A 14 h 00, nous apprenons que nos camarades Anglais ont repoussé, dans leur secteur, l'ennemi à 6 miles à l'intérieur. "Bon boulot !". Vers 16 h, nous tirons, le but est une chapelle, mais le "Boche" s'y est réfugié. Première salve "feu" et la chapelle est en miettes avec ses "Boches".
Maintenant les avions de la RAF bombardent les arrières, et nous, exactement 12 heures que nous sommes là, épuisés, mais heureux d'entendre le dernier communiqué :
"Il semble que l'ennemi ne répond plus, nos troupes sont à 9 miles à l'intérieur".

Je crois que le débarquement est réussi, et je suis heureux de voir les côtes de France.

7 Juin 1944
9 h 15 : de nouvelles troupes vont débarquer.
11 h 30 : les avions Allemands viennent nous rendre visite, ce sont les premiers. Alerte DCA. Nous entendons dans notre PC que le bruit des bombes lâchées, le bruit s'approche ou s'éloigne, nous entendons les impressions de ceux d'en haut. L'alerte dure une heure, et 7 avions sont abattus dont un par nous. Fin d'alerte, et ceci reprend toutes les 15 mn, jusqu'à 7 h 30 du matin. On ne peut pas dormir. Mais les nouvelles nous réconfortent : on se bat dans toutes les rues de Caen, les alliés sont près de Rouen.
Sur la côte qui est tout près de nous, nous pouvons assister à des éclairs ou des gerbes de feu qui nous rappellent un 14 juillet du bon vieux temps. Mais de combien diffère le résultat !

8 Juin 1944
9 h 30 : nouvelle alerte. Un cargo coule.
Et voilà 48 heures que nous sommes aux Postes d'alerte. Les avions ennemis nous font de fréquentes visites et bombardent la plage, et les troupes.

Il est 3 heures du matin et c'est la troisième nuit de veille, on dirait qu'à force d'habitude on peut oublier fatigue et sommeil. Et c'est dans ces moments de calme que je viens rejoindre ce petit cahier, mon compagnon de bagarre, et lui confier un faible résumé de ce que je vois.

Louis Occelli.

# Posté le dimanche 11 mai 2008 08:09

I - Description:
La pointe du Hoc est une falaise abrupte de 30 mètres qui domine la plage d'omaha et de Utah.

Les Allemands exploitent cette position en y installant une batterie sous abri bétonné de 5 canons de 155mm (portée de 20kms).
La prise de cette falaise est cruciale car elle doit garantir la sécurité des 2 plages Américaines (Omaha et Utah).

Le 6 juin 1944, le 2ème Bataillon de Rangers débarque sur la plage de galets de la Pointe du Hoc sous les ordres du lieutenant colonel James E.Rudder.
La Pointe du Hoc (U.S. Air Force/National Archives)

II - Objectifs:
Les Rangers recoivent comme mission de prendre d'assaut la falaise et de neutraliser ses canons.
De résister aux contre-attaques Allemandes jusqu'à l'arrivée des renforts Américains venus d' Omaha beach.
Ils doivent également progresser le plus rapidement possible dans les terres afin de couper la route de St-Pierre-du-Mont à Grandcamp.

III - Plan d'attaque initial:
L'assaut était prévu pour 6H30.


Une première vague de 225 Rangers (compagnie D,E,F) du 2ème Bataillon devait gravir la pointe et de tirer une fusée au sommet pour signaler le débarquement des renforts.


Les renforts étaient composés de la compagnie A et B du 2ème Bataillon et du 5ème Bataillon de Rangers du Lieutenant-Colonel Max Schneider (8 compagnies au total!).


Si aucun signal n'était tiré avant 7H00 cela signifait l'échec de la mission.


Les renforts devaient alors débarquer à Vierville et par voie de terre prendre la pointe du Hoc à revers.



B26 Marauders bombardant la Pointe du Hoc
(U.S. Air Force/National Archives)
Ascension la Pointe du Hoc
(U.S. Air Force/National Archives) IV - L'assaut:
Par une mer très agitée, les 225 Rangers s'élancent à 12 milles de la côte à bord de leurs LCA (Landing Craft Assault).
Le mauvais temps entraîne la perte de 2 chalands (LCA n°914 et n°860). A bord des autres LCA, les Rangers déjà trempés, victimes pour la plupart du mal de mer devaient écoper l'eau à l'intérieur des barges (jusqu'à 60cm dans certain LCA !!).
En approchant des côtes, le lieutenant-colonel Rudder constate que le convoi dérive à l'est et qu'ils se dirigent tout droit sur la pointe-de-la-Persée soit 5 Kms du lieu prévu!
Il ordonne de faire route à l'ouest, mais pendant le changement de cap, le convoi tombe sous les feux Allemands. Un des amphibies DUKW fut touché et 5 Rangers de tués!


Le lieutenant-colonel Rudder décide de modifier le plan initial et de débarquer par le flanc est de la Pointe. Quelques minutes avant le débarquement, le destroyer "Babybont" bombarda le sommet de la Pointe du Hoc avec des obus de 100mm ce qui laissa quelques instants de répits aux hommes du lieutenant-colonel Rudder.


Les premières minutes sont meurtrières, les Allemands forts de leurs positions munies de mitrailleuses, de grenades "presse-purée" et d'armes légères tirent dans tout les sens, tuant 15 Rangers.
Sous les feux Allemands, les Rangers essayent de réagir et à l'aide de grappins, d'échelles et de cordes commencent l'ascension de la falaise.



A 7H30, pendant l'ascension de la falaise le lieutenant-colonel Rudder envoie comme message à ses renforts; de débarquer à Omaha beach (Vierville) et de les rejoindre le plus vite possible.
Le 5ème grade George J.PUTZEK est le premier Rangers à atteindre le sommet. 25 morts sont à déplorer mais l'ascension de la falaise est une réussite et n'aura duré que 5 minutes! Au sommet les hommes font face un paysage d'horreur. Les bombardements aériens et navals avaient créé d'énormes cratères. Le lieutenant-colonel Rudder installe son PC dans une niche sur le bord de la falaise et suivant le plan initial envoies le message "GLOIRE A DIEU" pour avertir qu'ils sont au sommet de la falaise.

Les Rangers prennent d'assaut la batterie où devait se trouver les canons.
Une fois la batterie sous contrôle, ils constate avec déception que les canons de 155mm ont été démontés et remplacés par des poteaux téléphoniques camouflés par des filets.

A 8H00, 37 Rangers des compagnies D et E suivis de près par 12 hommes de la compagnie F atteignent la route côtière.

A 8H45, lors d'une patrouille à 300m de la ligne défensive, ils découvrent dans une grange les 5 canons de 155mm et un stock de munitions qui devait servir au sommet de la falaise. Les Rangers s'empressent de tout faire sauter. Le 1er objectif (prendre la falaise et ses canons) était atteint.

Toute la journée du 6 juin, les hommes du lieutenant-colonel Rudder font face aux nombreuses contre-attaques Allemandes.
La position est tenue jusqu'à l'arrivée des renforts (5ème bataillon) qui avait débarqué à Omaha beach.
Prise de la batterie en début d'après midi : les occupants se rendent
(Photo : US Army)

V - Fin de journée:
Malgré l'objectif atteint, cette victoire est amère pour les alliés. Les pertes humaines et matérielles sont très élevées. De plus la résistance francaise avait pris connaissance 48 heures avant le débarquement mais n'a pu le transmettre à temps au commandement allié. Sur les 225 hommes à s'élancer sur la falaise seul 90 hommes sont en état de combattre le soir du 6 juin.
Ils réussissent à tenir la falaise jusqu'à l'arrivée des renforts venus d'Omaha Beach le 8 juin.

# Posté le dimanche 11 mai 2008 08:05